mardi 11 août 2015

Je ne sais rien de l'inconnu

Je ne sais rien de l'inconnu
Encore moins ses mérites
J'ai vu un enterrement
J'ai suivi le cercueil
Comme les autres
Tête baissée, par respect
Je n'ai trouvé aucune raison
Pour demander
Qui était l'inconnu
Où il avait vécu et comment il était mort
Car multiples sont les causes de la mort
L'une d'elles étant le mal de vivre
Je me suis demandé: nous voit-il? ou voit-il un néant et regrette-t-il l'issue?
Je savais qu'il n'ouvrirait pas le cercueil
couvert de violettes pour nous dire adieu et susurrer la vérité
(Qu'est-ce la vérité?)
Peut-être est-il comme nous en ces heures
à enrouler son ombre
Mais il était le seul à n'avoir point pleuré
Ce matin-là
A n'avoir pas vu la mort planer sur nous 
Comme le faucon
Car les vivants sont les cousins de la mort
Et les mort sont assoupis 
Sereins, sereins et sereins
Aucune raison je n'ai trouvé pour demander
Qui était l'inconnu et quel était son nom?
Aucun éclair ne brillait de son nom
Ceux qui lui marchaient derrière
Une vingtaine ( en dehors de moi)
Je me suis égaré au fond de mon coeur
A la porte de l'église:
Peut-être était-il écrivain
Ou ouvrier ou réfugié
Ou voleur ou assassin... aucune différence
Les morts sont devant la mort égaux
Ils ne parlent pas, 
Et ne rêvent aucunement, peut-être.
Il se peut que l'enterrement de l'inconnu
Soit le mien
Mais une volonté divine le diffère
Pour une multitude de raisons
Dont une grande méprise
Sur le poème

, traduit par Blanche Colombe