dimanche 14 juin 2015

Le nu perdu

Nous ne sommes pas une franche volonté, mais l’instrument dévié d’une volonté perfide interposée entre l’obscurité et nous, entre la vigueur, le désir et le loyal terme solaire.
Un jour, maudit entre tous, le prêt devint propriété et le don lieu de ruines.
Il ne faut pas offrir la fleur au fruit. A bout d’espoir, il s’y glisserait.
La parole dépourvue de sens annonce toujours un bouleversement prochain. Nous l’avons appris. Elle en était le miroir anticipé.
La terre, ses brouillons de fortune, l’infini, l’indéfini, une impropre souveraineté, l’amour inséparable de ses meurtriers, se consument ensemble et en nous. L’ombre du temps couvre ce secret.
J’ai vécu dehors, exposé à toutes sortes d’intempéries. L’heure est venue pour moi de rentrer, ô rire d’ardoise! dans un livre ou dans la mort.

Image  Michèle Victor